Judith Butler
──────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────
top
Judith Butlercite-ref-brit-1-0[1], née le 24 février 1956 à Cleveland (Ohio), est une philosophe américaine. Butler est Distinguished Professor à l'Université de Californie à Berkeley aux États-Uniscite-ref-2[2]. Son travail porte principalement sur le genre et les luttes pour la justice sociale.
Son ouvrage majeur Trouble dans le genre. Le féminisme et la subversion de l'identité est publié aux États-Unis en 1990, avec une traduction tardive en français, en 2005. Ses premiers écrits portent, dans le sillage de la French Theory, sur l'ambivalence du sujet en tant que soumis à un pouvoir et produit par cette soumission même. Sa théorisation de la « performativité du genre », à partir du triple héritage de la théorie austinienne des actes de langage, du féminisme et de la déconstruction, a constitué un apport majeur dans le champ des études féministes et queer.
Ses écrits ultérieurs traitent de la guerre, de la vulnérabilité, du deuil et des figures de la dépossession comme le prisonnier extra-juridique ou le réfugié, tout en faisant une critique de la politique étrangère des États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.
Contents
──────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────
Biographie
Judith Butler naît en 1956 à Clevelandcite-ref-3[3] dans une famille juive et reçoit une éducation religieuse et progressistecite-ref-2-4-0[4]. Sa pensée et son engagement politique s'inscrivent dans la tradition « juive antisioniste »cite-ref-5[5].
En 1978, elle passe une année à l'université de Heidelberg à travers le programme Fulbright. Après quoi, Judith Butler obtient son Ph.D. en philosophie à l'université Yale en 1984 en soutenant une thèse qui sera éditée plus tard sous le titre « Sujets du désir : Réflexions hégéliennes au vingtième siècle en France ».
Judith Butler a enseigné, entre autres, à l'université Wesleyennecite-ref-brit-1-1[1], à l'université George-Washingtoncite-ref-brit-1-2[1], à l'université Johns-Hopkinscite-ref-brit-1-3[1] et à l'European Graduate School de Saas-Fee, en Suissecite-ref-6[6]. Titulaire de la chaire Maxine Elliott dans les départements de rhétorique et de littérature comparée de l'Université de Californie à Berkeley, Judith Butler y fonde et y dirige, pendant un temps, le programme de théorie critiquecite-ref-7[7].
Vie privée
Judith Butler vit à Berkeley avec sa compagne, Wendy Brown, et leur fils, Isaaccite-ref-8[8], né de celle-ci par PMAcite-ref-2-4-1[4]. Lesbiennecite-ref-9[9] et non-binairecite-ref-10[10]cite-ref-11[11], Judith Butler recommande l'utilisation du pronom iel (traduction de they/them en anglaiscite-ref-12[12]) à son proposcite-ref-13[13]cite-ref-14[14].
Féminisme et genre
Les travaux de Judith Butler ont eu une influence considérable sur le féminisme, la théorie queer, les études culturelles et la philosophie continentalecite-ref-15[15]. Ses contributions dans d'autres disciplines – telles que la psychanalyse, la littérature, le cinéma, les études de performance ou encore les arts visuels – sont également conséquentescite-ref-16[16]. Sa théorisation de la « performativité du genre », tout comme sa conception du « critically queer », n'ont pas seulement contribué à transformer la compréhension du genre et de l'identité queer dans le monde universitaire, mais aussi à former et mobiliser différents types d'engagement politique à travers le monde, en particulier le militantisme queer. Ses études, qui remettent en question les notions traditionnelles de sexe et genre, ont de plus alimenté de nombreux débats sur l'enseignement du genre, l'homoparentalité et la dépathologisation de la transidentitécite-ref-17[17], à tel point que le pape Benoît XVI a lui-même fini par aborder ces sujetscite-ref-18[18].
De nombreux universitaires et militants politiques affirment que le postulat radical de départ des recherches de Judith Butler, à savoir la dichotomie entre sexe et genrecite-ref-19[19], ainsi que sa conception non-essentialiste du genre (dans la lignée de sa réflexion sur la « puissance d'agir »), ont contribué, avec les travaux de Gayle Rubin et d'Eve Sedgwick, à révolutionner les pratiques, pensées, et études féministes ou queercite-ref-20[20]. Darin Barney, professeur agrégé au département d’histoire de l’art et d’études en communications de l'université McGill (Canada), a ainsi déclaré que :
« les travaux de Butler sur le genre, le sexe, la sexualité, l'identité queer, le féminisme, le corps, associés à son discours politique et éthique, ont changé la façon qu'ont les chercheurs du monde entier d'envisager l'identité, la subjectivité, le pouvoir et la politique. Ils ont aussi changé les vies d'innombrables personnes dont le corps, le genre, la sexualité et les désirs les confrontent à la violence, l'exclusion et l'oppressioncite-ref-21[21]. »
Gender Trouble
En 1990, paraît Gender Trouble. C'est un tournant important avec plus de 100 000 exemplaires vendus dans plusieurs langues à travers le monde.
En France, l'ouvrage est publié en 2005 sous le titre Trouble dans le genre. Il fait la critique des travaux de Simone de Beauvoir, Julia Kristeva, Sigmund Freud, Jacques Lacan, Luce Irigaray, Jacques Derrida, et, surtout, de Michel Foucault.
L'écriture de Judith Butler, considérée par beaucoup de lecteurs comme inutilement complexe et densecite-ref-22[22]cite-ref-23[23], est très influencée par la psychanalyse française.
Sa popularité a même inspiré un fanzine intellectuel, Judy!, contribuant ainsi à en faire une célébrité dans le monde universitaire.
Concernant le travail théorique, la lecture de Jacques Derrida fait l'objet de nombreux commentaires. Il est question du « rapport performatif » de la théorie de John Langshaw Austin et de l'histoire de Franz Kafka, Le Procès ; tous les deux en convergence avec les lectures de Butler sur Surveiller et punir de Michel Foucault et Histoire de la sexualité, vol. 1, La Volonté de savoir. Cette convergence est le creuset de la théorie de Butler sur la performance de genre. Par cette expression, il faut comprendre le genre comme une performance sociale apprise, répétée, et exécutée (d'où paraît sa lecture de Foucault). L'établissement d'une exécution de performance « obligatoire » de la féminité et la masculinité produit la fiction de genres « naturels » aussi bien que la distinction entre le sexe extérieur et biologique et le « genre intérieur ». Pour mieux caractériser le genre comme un « choix volontaire et quotidien », Butler renforce sa théorie de la performativité de genre dans ses ouvrages suivants.
Performativité du genre
Par ailleurs, Butler a abordé le genre comme étant performatif, dans le sens où on ne cherche pas à connaître ce que la personne est, mais bien ce qu’elle fait. Ainsi, le concept de performativité du genre ne consiste pas à faire un choix entre les genres, mais bien à reproduire les normes établies de l’individu. En d’autres termes, un acte seul ne peut changer l’individu, ce n’est que par la redondance quotidienne de ses propres procédures conventionnelles. D’ailleurs, la personne devient soit un homme soit une femme par les actions répétées qui dépendent des normes sociales ou des façons particulières d’agir qui sont propres à chaque culture. De plus, les énoncés performatifs viennent jouer un rôle dans la constitution du genre, car ce sont des discours autoritaires qui remplissent comme fonction des actions exerçant du pouvoir.
Toutefois, le genre est un devoir qui ne se conforme pas toujours aux attentes d’autrui, ce qui va créer une distance entre les individus. Par ailleurs, le pouvoir, considéré comme instable et résistant, émerge lorsqu’une manière d’agir est sans cesse reproduite. De là, Butler émet le pouvoir de l’insulte « queer ». La force de l’insulte ne se résume en rien par l’intention qu’avait l’individu de faire réagir la personne concernée, mais plutôt dans le fait que l’insulte, qui était prononcée autrefois, soit répétée. À force de répéter ces manières de s’adresser à autrui, cela a produit et/ou relié l’homosexualité à l’humiliation et au dénigrement. Cependant, c’est par la non-conformité qu'émerge la résistance ainsi que le changementcite-ref-24[24]. Le retournement du stigmate porté par l'insulte « queer » en une force offensive contre l'ordre établi, et son langage, est selon Butlercite-ref-25[25] parfaitement illustré par le film documentaire Paris Is Burning (1991).
Judaïsme et politique
Judith Butler voudrait fonder sur les traditions intellectuelles juives la critique du sionisme et de la politique d'Israël. Butler relit en ce sens les œuvres de Primo Levi, d'Emmanuel Levinas ou de Walter Benjamin. Butler écrit :
« Si je parviens à montrer qu'il existe des ressources juives susceptibles d'être mobilisées pour une critique de la violence de l'État, une critique de l'assujettissement colonial des populations, de l'expulsion et de la dépossession, alors je serai parvenue à démontrer qu'une critique juive de la violence d'État, israélienne est au moins possible, sinon d'un point de vue éthique, obligatoire »cite-ref-26[26].
Butler mobilise la philosophie d'Emmanuel Levinas pour penser le rapport du peuple juif aux non-juifs, et « l'irruption de l'Autre au cœur de soi-mêmecite-ref-la-jud-it-contre-la-violence-d-tat-la-vie-des-id-es-27-0[27] ». Butler relit Walter Benjamin, auteur de Critique de la violence, qui reconnaît dans certains cas le droit « de désobéir à l'État, de se départir de l'allégeance à l'ordre de droit pour s'opposer à la violence »cite-ref-la-jud-it-contre-la-violence-d-tat-la-vie-des-id-es-27-1[27].
Prises de position
Elle dénonce l’attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre 2023 comme étant « un massacre terrifiant et révoltant » et critique la position de certains mouvements étudiants de solidarité avec la Palestine selon lesquels « le régime d’apartheid est le seul responsable » des attaques du Hamas. Elle souligne cependant qu’« il serait étrange de croire que toute condamnation nécessite un refus de comprendre, de peur que cette compréhension ne serve qu’à relativiser les choses et diminuer notre capacité de jugement » et insiste sur « l’égale pleurabilité de toutes les vies », israéliennes comme palestiniennescite-ref-28[28].
En mars 2024, lors d'un événement organisé par des groupes de gauche radicale et postcoloniale à Pantin, elle déclare au sujet de cette attaque : « Nous pouvons avoir des positions différentes sur le Hamas comme organisation politique ainsi que sur la résistance armée. Mais je pense qu’il est plus honnête, et plus correct historiquement, de dire que le soulèvement du 7 octobre était un acte de résistance armée. Ce n’est pas une attaque terroriste, ce n’est pas une attaque antisémite : c’était une attaque contre les Israéliens. Et vous le savez, je n’ai pas aimé cette attaque, je l’ai dit publiquement. [...] Toutefois je serais vraiment stupide si je décidais que la seule violence dans cette région est à l’encontre du peuple israélien. […] La violence contre les Palestiniens a lieu depuis des décennies. [Le 7 octobre] était un soulèvement qui résulte d’une situation de soumission, et contre un appareil d’État violent. Maintenant, soyons clairs : on peut être pour ou contre la résistance armée, pour ou contre le Hamas, mais mettons-nous au moins d’accord sur le terme de “résistance armée”, et ensuite on peut débattre de la question de savoir si c’est juste, s’ils ont fait ce qu’il fallait faire, ou s’il y a d’autres stratégies »cite-ref-29[29]cite-ref-30[30]. Elle ajoute que « cela ne signifie en aucun cas que je soutiens les actions du Hamas ou que je considère que leurs actions sont justifiées. Toutes les formes de “résistance” ne sont pas justifiées, et certaines, comme celles-ci, appellent véritablement une condamnation. » Lors de la même conférence, à propos de viols subis par les femmes israéliennes, elle déclare : « Si ces allégations sont documentées, nous déplorons » ces actes, mais « nous insistons pour voir cette documentation ». Et de souligner que 70 % des victimes de la guerre menée par Israël à Gaza étaient des femmes et des enfantscite-ref-31[31].
L'extrait a été visionné plus de cinq millions de fois sur X en quelques jours. Il a suscité de vives réactions en Allemagne. L'historien de l'art Jörg Scheller déclare alors : « Il n'y a rien à contextualiser ici [...] Quiconque se demande comment la gauche pourrait sombrer encore et encore dans la terreur, contrairement à ses idéaux - exactement comme ça. » Le chroniqueur de la Frankfurter Allgemeine Zeitung Patrick Bahners a défendu, lui, les déclarations de Butler : « Elle reste cohérente dans un réalisme politique qui autorise les conflits éthiques et ne les déclare pas d'avance hors de proposcite-ref-32[32]. »
Critiques
En 1998, la revue de Denis Dutton Philosophy and Literature a décerné à Butler le premier prix de son « Concours de mauvaise rédaction », qui prétend « célébrer le mauvais style dans les passages stylistiques les plus lamentables trouvés dans des livres savants et des articlescite-ref-35[35]. » Ces critiques d'une prose « lourde et obscure » sont partagées par d'autres commentateurscite-ref-36[36].
Si d'aucuns reprochent à Butler son élitisme en raison d'un style d'écriture difficile d'accès, d'autres font encore valoir sa prétendue promotion d'un volontarisme de genre[réf. nécessaire], où le genre serait à un « discours » ou à un « acte de langage »[pas clair]. Susan Bordo (en) soutient par exemple que le corps détermine en majeure partie le genre, s'opposant alors implicitement à la vision performative de Judith Butlercite-ref-37[37].
Une critique particulièrement virulente provient de la féministe libérale Martha Nussbaum, pour laquelle Judith Butler a mal interprété l'idée d'énonciation performative de John Langshaw Austin, en plus de revendiquer des avancées juridiques infondées, d'exclure de ses recherches un point essentiel de résistance en répudiant l'agentivité pré-culturelle[Quoi ?], et de ne fournir aucune théorie éthique normative susceptible d'encadrer les performances subversives que ses textes approuventcite-ref-38[38].
Un débat a opposé Nancy Fraser à Butler, Fraser suggérant que la focalisation de Butler sur la performativité l'éloignait des « façons quotidiennes qu'on a de parler et de se penser. […] Pourquoi devrions-nous utiliser un tel idiome d'auto-distanciationcite-ref-39[39] ? »
Dans une tribune, le biologiste William Reville prétend que « la biologie joue un rôle majeur dans la détermination des comportements masculins et féminins », mentionnant l'influence des hormones prénatales et le cas de David Reimer, un garçon qui, bien qu'ayant subi une réattribution sexuelle et ayant été élevé comme une fille dès l'âge de 22 mois, s'est toujours considéré comme un garçoncite-ref-40[40]. Par ailleurs, les connaissances scientifiques actuelles sur l'influence des hormones sur les comportements humains sont loin de permettre d'appuyer ses propos, les études sur les singes sur lesquels il s'appuie étant largement critiquées[Par qui ?] sur le plan méthodologiquecite-ref-41[41]. Pour Butler, bien que n'étant ni trans ni intersexe, David Reimer est une figure de ces mouvementscite-ref-42[42]. Les personnes intersexes ont pu « révéler à l'opinion publique la brutalité et la violence des chirurgies imposées aux enfants intersexes ainsi que les préjudices permanents qu'elles causent. »
En 2023, dans le contexte de la guerre de Gaza, il lui est reproché des propos tenus en 2006 : « Je pense que comprendre le Hamas et le Hezbollah en tant que mouvements sociaux progressistes de gauche, faisant partie d’une gauche mondiale est extrêmement important ». Ces déclarations suscitent une controverse, relancée par une interview donnée en mars 2024 dans laquelle elle qualifie les attaques du 7 octobre 2023 non pas d’acte terroriste, mais « d’acte de résistance armée ». Face aux critiques, Butler affirme condamner « les meurtres délibérés de civils israéliens » et précise qu'elle ne soutient ni les méthodes du Hamas, ni sa charte politiquecite-ref-43[43]cite-ref-44[44]cite-ref-45[45]cite-ref-46[46]cite-ref-47[47].
Commentaires sur quelques livres
Trouble dans le genre (1990)
Trouble dans le genre ; pour un féminisme de la subversion est le livre qui a fait connaître Judith Butler, et dans lequel sont proposées pour la première fois ses analyses du caractère performatif du genrecite-ref-48[48]cite-ref-49[49].
Rassemblement (2016)
Rassemblement décrit comment des personnes, dont les droits fondamentaux ne sont pas assurés, deviennent visibles lorsque les corps sont rassemblés sur une place en Égypte, en France ou aux États-Uniscite-ref-50[50].
Publications
En langue anglaise
Années 1980
• Subjects of Desire: Hegelian Reflections in Twentieth-Century France, 1987
Années 1990
• Gender Trouble: Feminism and the Subversion of Identity, 1990, Routledge
• Bodies That Matter: On the Discursive Limits of 'Sex', Routledge, 1993
• Excitable Speech: A Politics of the Performative, Routledge, 1997
• The Psychic Life of Power, Routledge, 1997
Années 2000
• Antigone's Claim: Kinship Between Life and Death, 2000
• Contingency, Hegemony, Universality: Contemporary Dialogues on the Left (with Ernesto Laclau and Slavoj Žižek), Verso, 2000
• The Judith Butler Reader, Sara Salih et Judith Butler (éd.), Blackwell Publishing, 2004
• Precarious Life: The Powers of Mourning and Violence, Verso, 2004
• Undoing Gender, Routledge, 2004
• Giving an Account of Oneself. A Critique of Ethical Violence, Fordham University Press, 2005
• Frames of War: When Is Life Grievable?, Verso Books, 2009, 192 p. (ISBN 978-1-84467-333-9)
Années 2010
• Parting Ways: Jewishness and the Critique of Zionism, Columbia University Press, 2012, 251 p. (ISBN 978-0-231-14611-1)
• Dispossession: The Performative in the Political, avec Athena Athanasiou, 2013 (ISBN 978-0745653815)
• Senses of the Subject, Fordham University Press, 2015.
• Notes Toward a Performative Theory of Assembly, Harvard University Press, 2015.
Années 2020
• The Force of Nonviolence: An Ethico-political Bind, Verso Books, 2021
• 2022(en) What World Is This? A Pandemic Phenomenology, New York (N.Y.), Columbia University Press, 2022, 134 p. (ISBN 978-0-231-20828-4 et 978-0-231-20829-1)
• Who's Afraid of Gender? (en), 2024
Traductions françaises
Années 2000
• La Vie psychique du pouvoir. L'Assujettissement en théories, préface de Catherine Malabou, traduction de Brice Matthieussent, Leo Scheer, Paris, 2002
• Marché au sexe, (avec Gayle S. Rubin), EPEL, Paris, 2002, 200 p. (ISBN 978-2-908855-68-5)
• Antigone. La Parenté entre vie et mort, traduction de Guy Le Gaufey, EPEL, Paris, 2003
• Le Pouvoir des mots. Politique du performatif, préface de Charlotte Nordmann et de Jérôme Vidal, traduction de Charlotte Nordmann avec la collaboration de Jérôme Vidal, Éditions Amsterdam, Paris, 2004
• Vie précaire. Les Pouvoirs du deuil et de la violence après le 11 septembre 2001, traduction de Jérôme Rosanvallon et Jérôme Vidal, Éditions Amsterdam, Paris, 2005 (ISBN 978-2-915547-04-7)
• Humain, Inhumain. Le Travail critique des normes. Entretiens, traduction de Jérôme Vidal et Christine Vivier, Éditions Amsterdam, Paris, 2005 (ISBN 978-2-915547-09-2)
• Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion, préface d'Éric Fassin, traduction de Cynthia Kraus, La Découverte, Paris, 2005 (ISBN 978-2-7071-5018-9)
• Défaire le genre, traduction de Maxime Cervulle, Éditions Amsterdam, Paris, 2006 ; nouvelle édition augmentée, 2013
• Le Récit de soi, traduit de l'anglais par Bruno Ambroise et Valérie Aucouturier, Paris, Puf, 2007. (ISBN 978-2-13-055551-3) ; version française du livre Giving an Account of Oneself
• L'État global, avec Gayatri Chakravorty Spivak, traduit de l'anglais (États-Unis) par Françoise Bouillot, Paris, Payot et Rivages, 2007 (ISBN 978-2-228-90221-2) ; titre original : Who Sings the Nation-State? Language, Politics, Belonging, Seagull Books, 2007
• Ces corps qui comptent ; de la matérialité et des limites discursives du « sexe », traduit par Charlotte Nordmann (Bodies that Matter. On the Discursive Limits of 'Sex'), Paris, Éditions Amsterdam, 2009 (ISBN 978-2-35480-041-3)
• Sexualités, genres et mélancolie, Campagne Première, mai 2009 (ISBN 978-2-915789-47-8)
Années 2010
• Sois mon corps, avec Catherine Malabou, Paris, Bayard, 2010 (ISBN 978-2-227-48144-2)
• Ce qui fait une vie, Paris, Zone/La Découverte, 2010 (ISBN 978-2-35522-028-9)
• Sujets du désir, réflexions hégéliennes en France au XXe siècle, traduction de Philippe Sabot, PUF, 2011
• Vers la cohabitation. Judéité et critique du sionisme, Paris, Fayard, 2013 (ISBN 978-2-213-67224-3)
• Qu'est-ce qu'une vie bonne ?, Paris, Payot, 2014 (ISBN 978-2-228-91068-2)
• Rassemblement. Pluralité, performativité et politique, Paris, Fayard, 2016 (ISBN 2213702756)
Années 2020
• Le Vivable et l'Invivable, avec Frédéric Worms, Paris, PUF, 2021
• Dans quel monde vivons-nous ?, Flammarion, 2023cite-ref-51[51]
• Qui a peur du genre ?, Flammarion, 2024cite-ref-52[52]
Prix et distinctions
• 2012: Prix Theodor-W.-Adorno (Allemagne)cite-ref-54[54]
• 2013: Doctorat ès lettres, mention honoris causa, Université McGill (Canada)cite-ref-55[55]
• 2013: Doctorat ès lettres, mention honoris causa, Université de St Andrews (Écosse)cite-ref-56[56]
• 2014: Doctorat ès lettres, mention honoris causa, Université de Fribourg (Suisse)cite-ref-57[57]
• 2015 : Docteur honoris causa de l'université de Liège (Belgique)cite-ref-0-58-0[58]
• 2018: Doctorat ès lettres, mention honoris causa, Université de Belgrade (Serbie)cite-ref-59[59]
En 2010, Butler refuse le prix du courage civique lors de la marche des fiertés de Berlin et dénonce un « nationalisme gay » issu de la lutte contre l'homophobie qui aurait dégénéré en action xénophobe et même racistecite-ref-1-60-0[60][pas clair].
Références
cite-note-brit-11. (en) « Judith Butler | American philosopher », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 14 mai 2019).
cite-note-22. ↑ « Judith Butler | Research UC Berkeley », sur vcresearch.berkeley.edu (consulté le 14 mai 2019).
cite-note-33. ↑ (en-US) « 03.19.2009 - Judith Butler wins Mellon Award », sur berkeley.edu (consulté le 27 mars 2017).
cite-note-2-44. 2004« Judith Butler, philosophe d'un autre genre », Le Monde.fr, 1er septembre 2004 (lire en ligne, consulté le 13 mai 2024)
cite-note-55. ↑ Voir sur haaretz.com.
cite-note-66. ↑ (en) « Judith Butler - The European Graduate School », sur egs.edu (consulté le 14 mai 2019).
cite-note-77. ↑ (en) « The Program in Critical Theory | Judith Butler, Comparative Literature, Emerite ».
cite-note-88. ↑ 2016« Think Gender Is Performance? You Have Judith Butler to Thank for That. », sur Nymag.com, 21 juin 2016 (consulté le 4 décembre 2017).
cite-note-99. ↑ daughenbaughshaw2013lynda-robbirds-daughenbaughedward-l-shaw2013(en) Lynda Robbirds Daughenbaugh et Edward L. Shaw, « Judith Butler: Philosophy of Resistance », dans A Critical Pedagogy of Resistance, SensePublishers, 2013 (ISBN 978-94-6209-374-4, DOI 10.1007/978-94-6209-374-4_5, lire en ligne), p. 17–20.
cite-note-1010. ↑ (en) « Matt McManus Interviews Judith Butler », sur Youtube.
cite-note-1111. ↑ 2019(en) « Judith Butler on her Philosophy and Current Events », sur Interviews by Kian, 27 décembre 2019 (consulté le 21 janvier 2021).
cite-note-1212. ↑ (en) « Judith Butler on the culture wars, JK Rowling and living in “anti-intellectual times” », sur www.newstatesman.com (consulté le 21 janvier 2021).
cite-note-1313. ↑ preciadopaul-b-preciadoPaul B. Preciado, « Les mots que je ne peux pas vous dire », sur Libération (consulté le 23 février 2024).
cite-note-1414. ↑ 2023« Une saison avec Judith Butler, Centre Pompidou », sur Centre Pompidou, 2023 (consulté le 23 février 2024).
cite-note-1515. ↑ francisco-carmen-luz-fuentes-v-squez-manuela-mercado-allison-ramay-et-juan-pablo-vilches2011ar-nguiz-francisco-carmen-luz-fuentes-v-squez-manuela-mercado-allison-ramay-et-juan-pablo-vilches2011Aránguiz, Francisco, Carmen Luz Fuentes-Vásquez, Manuela Mercado, Allison Ramay et Juan Pablo Vilches, « Meaningful “Protests” in the Kitchen: An Interview with Judith Butler », White Rabbit: English Studies in Latin America, no 1, juin 2011 (ISSN 0719-0921, lire en ligne).
cite-note-1717. ↑ tsafi2013saar-tsafi2013(en) Saar, Tsafi, « Fifty shades of gay: Amalia Ziv explains why her son calls her 'Dad' », Haaretz, 21 février 2013.
cite-note-1818. ↑ « Angela McRobbie: The pope - gender studies aficionado? », sur the Guardian (consulté le 27 avril 2015).
cite-note-1919. ↑ « Judith Butler, Défaire le genre », sur journals.openedition.org.
cite-note-2020. ↑ « Literary Encyclopedia | Judith Butler », sur www.litencyc.com (consulté le 27 avril 2015).
cite-note-2121. ↑ « In Defense of Judith Butler », sur The Huffington Post (consulté le 27 avril 2015).
cite-note-2222. ↑ Voir sur denisdutton.com.
cite-note-2323. ↑ Voir sur akad.se.
cite-note-2424. ↑ culler2006jonathan-culler2006Jonathan Culler, « Philosophe et littérature : les fortunes du performatif », Littérature, 2006.
cite-note-2525. ↑ butler2018judith-pamela-butler2018Judith Pamela Butler (trad. de l'anglais), Ces corps qui comptent : de la matérialité et des limites discursives du sexe, Paris/58-Clamecy, Éditions Amsterdam / Impr. Laballery, 2018, 352 p. (ISBN 978-2-35480-184-7 et 2-35480-184-X, OCLC 1137346855, lire en ligne).
cite-note-2626. ↑ J. Butler, Vers la cohabitation. Judéité et critique du sionisme, Paris, Fayard, 2013, p. 7.
cite-note-la-jud-it-contre-la-violence-d-tat-la-vie-des-id-es-2727. Sylvaine Bulle, « La judéité contre la violence d'État », La Vie des idées , 18 juillet 2014 (ISSN 2105-3030).
cite-note-2828. ↑ 2023« La guerre entre Israël et le Hamas fracture le monde intellectuel », Le Monde, 8 décembre 2023 (lire en ligne, consulté le 4 mai 2025)
cite-note-2929. ↑ Paul Sugy, Pour la philosophe féministe Judith Butler, l’attaque terroriste du 7 octobre est «un acte de résistance armée», lefigaro.fr, 5 mars 2024.
cite-note-3030. ↑ bherer2024marc-olivier-bherer2024Marc-Olivier Bherer, « La philosophe Judith Butler ravive la polémique à gauche sur les attaques du Hamas en Israël, qu’elle qualifie d’« acte de résistance » », sur lemonde.fr, 14 mars 2024 (consulté le 10 avril 2024).
cite-note-3131. ↑ 2024« La philosophe Judith Butler ravive la polémique à gauche sur les attaques du Hamas en Israël, qu’elle qualifie d’« acte de résistance » », Le Monde, 14 mars 2024 (lire en ligne, consulté le 24 février 2025)
cite-note-3232. ↑ (de) Philosophin Judith Butler sieht 7. Oktober als »Akt des bewaffneten Widerstands«, spiegel.de, 6 mars 2024.
cite-note-3333. ↑ « The Prep-School PC Plague », Heather Mac Donald, City Journal, printemps 2002.
cite-note-3434. ↑ Routledge Critical Thinkers: Judith Butler, Sara Salih (Londres 2002), p. 12–14.
cite-note-3535. ↑ The Bad Writing Contest, Press Releases, 1996-1998
cite-note-3636. ↑ « The Professor Parody », Martha Nussbaum, The New Republic Online, 28 novembre 2000.
cite-note-3737. ↑ susanhekman-susan(en) Hekman, Susan, Material Bodies. Body and Flesh : a Philosophical Reader, Blackwell Publishing.
cite-note-3838. ↑ Nussbaum, Martha C. (1999). « The Professor of Parody: The Hip Defeatism of Judith Butler », The New Republic, Feb. 22nd:37-45.
cite-note-3939. ↑ nancyfraser-nancy(en) Fraser, Nancy, False Antitheses. Feminist Contentions : A Philosophical Exchange. Routledge.
cite-note-4040. ↑ 2013(en) « Gender is not a social construct », sur irishtimes.com/, 4 avril 2013.
cite-note-4141. ↑ 2014(en) « Le camion et la poupée : jeux de singes, jeux de vilains », sur allodoxia.blog.lemonde.fr, 23 juillet 2014.
cite-note-4343. ↑ 2024« La philosophe Judith Butler ravive la polémique à gauche sur les attaques du Hamas en Israël, qu’elle qualifie d’« acte de résistance » », Le Monde, 14 mars 2024 (lire en ligne, consulté le 2 juillet 2025)
cite-note-4444. ↑ blinsimon-blinSimon Blin, « La philosophe Judith Butler qualifie l’attaque du Hamas le 7 octobre d’«acte de résistance» et crée la polémique », sur Libération (consulté le 2 juillet 2025)
cite-note-4545. ↑ 2024« Judith Butler persiste à décrire l’attaque terroriste du 7 octobre comme un acte de «résistance» », sur Le Figaro, 5 mars 2024 (consulté le 2 juillet 2025)
cite-note-4646. ↑ blin2023simon-blin2023Simon Blin, « Annulation d’une conférence pour la paix de Judith Butler : la ville de Paris invoque le risque de polémiques », sur Libération, 4 décembre 2023 (consulté le 9 décembre 2023).
cite-note-4747. ↑ truong2023nicolas-truong2023Nicolas Truong, « La guerre entre Israël et le Hamas fracture le monde intellectuel », sur lemonde.fr, 8 décembre 2023 (consulté le 9 décembre 2023).
cite-note-4848. ↑ « Judith Butler, théoricienne du genre », sur cairn.info.
cite-note-4949. ↑ (en) « Think Gender is Perfornance? You Have Judith Butler To Thank For That. », sur thecut.com.
cite-note-5050. ↑ daumas2017c-cile-daumas2017Cécile Daumas, « Judith Butler « Un populisme de gauche doit conduire à une démocratie radicale » », Libération, 21 janvier 2017 (lire en ligne).
cite-note-5151. ↑ daumasc-cile-daumasCécile Daumas, « Judith Butler, du genre humains », sur Libération (consulté le 15 octobre 2023).
cite-note-5252. ↑ 2025« « Qui a peur du genre ? » : Judith Butler au-delà du fantasme », Le Monde, 3 janvier 2025 (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2025)
cite-note-5353. ↑ 2018« Judith Butler docteur Honoris Causa », sur Université Bordeaux Montaigne, 23 avril 2018 (consulté le 23 janvier 2020).
cite-note-5555. ↑ (en-US) « McGill Reporter - News you can use about what's happening around the University », sur McGill Reporter (consulté le 14 mai 2019).
cite-note-5656. ↑ 2014« Wayback Machine », sur web.archive.org, 29 novembre 2014 (consulté le 14 mai 2019).
cite-note-5757. ↑ « La philosophe américaine Judith Butler honorée à Fribourg », sur laliberte.ch (consulté le 14 mai 2019).
cite-note-0-5858. ↑ 2015« Remise des insignes de docteur honoris causa à Judith Butler », sur ulg.ac.be, 16 novembre 2015 (consulté le 4 décembre 2015).
cite-note-5959. ↑ (sr) « Džudit Batler počasna doktorka Beogradskog univerziteta », sur Autonomija (consulté le 14 mai 2019).
cite-note-1-6060. ↑ 2012« Le nouveau nationalisme est-il gay ? », sur Le Monde, 30 juin 2012..
Voir aussi
Bibliographie
Études
• Sara Salih, Judith Butler, Londres et New York, Routledge, coll. Critical Thinkers, 2002
• The Judith Butler reader, edited by Sara Salih with Judith Butler, Blackwell Publishing Ltd, 2003, 384 p.
• Paula-Irene Villa, Judith Butler, Campus Verlag GmbH, 2003, 160 p. (ISBN 978-3-593-37187-0)
• Stéphane Haber, Critique de l'antinaturalisme: études sur Foucault, Butler, Habermas, Paris, PUF, coll. Pratiques théoriques, 2006
• Jérôme Vidal, « Judith Butler en France: Trouble dans la réception » in Mouvements, Paris, La Découverte, no 47-48, septembre 2006
• Gill Jagger, Judith Butler : sexual politics, social change and the power of the performative, Routledge, 2008
• Fabienne Brugère, Guillaume Le Blanc, Judith Butler. Trouble dans le sujet, trouble dans les normes, PUF, coll. « Débats philosophiques », 2009, 135 p. (ISBN 978-2-13-057348-7)
• von-redecker2011eva-von-redecker2011(de) Eva von Redecker, Zur Aktualität von Judith Butler. Eine Einleitung in ihr Werk, Wiesbaden, VS Verlag, 2011, 157 p. (ISBN 978-3-531-16433-5).
• prokhoris2016sabine-prokhoris2016Sabine Prokhoris, Au bon plaisir des docteurs graves : à propos de Judith Butler, Paris, Presses universitaires de France, 2016, VII-253 p. (ISBN 978-2-13-078627-6).
• Hourya Bentouhami, Judith Butler. Race, genre et mélancolie, Paris, Editions Amsterdam, 2022.
Colloque autour de Judith Butler
• Colloque international « Questions à Judith Butler », en sa présence, Poitiers, mars 2008 (vidéos disponibles), organisé par Kim Sang Ong Van Cung, Jean-Claude Bourdin et Simon Lemoine (et CRHIA, le département de philosophie ; UFR Sciences humaines & Arts ; université de Poitiers).
Articles connexes
Liens externes
• Ressources relatives à la recherche : Academia (profils) Diffusion des savoirs de l'École normale supérieure ORCID Persée Semantic Scholar
• Ressource relative à la littérature : London Review of Books
• Ressource relative à plusieurs domaines : Radio France
• Ressource relative à la musique : MusicBrainz
• Ressource relative à l'audiovisuel : IMDb
• Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Britannica Brockhaus Den Store Danske Encyklopædi Deutsche Biographie Dictionnaire universel des créatrices Enciclopedia delle donne Enciclopedia De Agostini Hrvatska Enciklopedija Nationalencyklopedin Munzinger Proleksis enciklopedija Store norske leksikon Universalis Visuotinė lietuvių enciklopedija
• Notices d'autorité : VIAF ISNI BnF (données) IdRef LCCN GND Italie Japon CiNii Espagne Belgique Pays-Bas Pologne Israël NUKAT Catalogne Suède Australie
• Conférences sur Judith Butler et son intervention dans les Rendez-vous de la librairie Mollat
• Judith Butler - Profesora en European Graduate School
• « Faire et défaire le genre » Conférence du 25 mai 2004
• Contributions de Judith Butler au numéro « Foucault et la psychanalyse » de la revue Incidence
• Entretien « Repenser le genre ouvre à de nouvelles possibilités politiques » publié dans L'Humanité
• Portail des femmes et du féminisme
• Portail LGBT+
• Portail de la philosophie
• Portail du genre
• Portail des États-Unis
• Portail du judaïsme